Le mépris !

 Voilà l’autre nom de la présidence normale…

Par le 22 fév, 2013 @ 8:18

Tribune libre de Cyril Brun*

Cyril Brun

Cyril Brun

Nous connaissons tous la tactique qui consiste à diviser pour mieux régner. Elle ne peut cependant se révéler efficace (si tant est qu’il y ait une véritable efficacité durable dans le mal) que si le diviseur garde une certaine emprise sur ceux qu’il divise. Avec une petite trentaine de pourcent d’opinion favorable, nous pouvons nous demander ce que cherche François Hollande en divisant toujours et encore ! Il se présentait en homme de la conciliation, celui qui après l’effroyable Sarkozy, rassemblerait les Français. Bref, l’homme qui mettrait fin à la politique de son prédécesseur qui consistait à soi-disant dresser les Français les uns contre les autres. Et il semble bien que François Hollande soit en passe de rassembler les Français…contre lui ! Il faut dire qu’élu avec seulement 48 % des suffrages réels, il n’avait pas vraiment rassemblé autour de lui dès le départ.

Lors de ses vœux aux Français, le président ne semblait pas savoir quoi leur dire, il s’y est même repris à quatre fois… Mais comme un bon élu local, il a appliqué la même stratégie de communication : toujours dire ‘oui’ aux réclamations en sachant que vous n’en ferez rien. Et quand les gens reviennent à la charge il suffit de leur répondre qu’on y travaille… Voilà comment la France est aujourd’hui gouvernée depuis un palais désormais succursale de la Corrèze où le maître des lieux passe l’essentiel de ses journées à table, là où son prédécesseur les passait en réunion de travail. C’est aussi la politique qui a prévalu à la constitution du programme présidentiel. Dire oui et vendre du vent nous ont ainsi valu un programme incohérent, fait d’approximations et de contradictions !

Il n’aura pas fallu longtemps pour que l’imposture soit dévoilée. Textes retoqués par le Conseil Constitutionnel, refusés par les alliés d’hier au Sénat ou changement de politique face à l’Europe ou aux pigeons, ou encore aux 5 000 taxis dans les rues de Paris. Mais aussi recul sur des propositions jugées dangereuses finalement pour le futur de la majorité (comme le droit de vote aux étrangers). Voilà en effet à quoi conduit une politique sans autre but que celui de prendre le pouvoir. Désormais il faut changer de politique, puisqu’il ne s’agit plus de prendre le pouvoir mais de le garder. D’où les nouvelles priorités assignées à la France : réformer les modes de scrutins (au Sénat dès le 15 janvier), faire passer tout ce qui divise en faisant le dos rond. N’est-ce pas ce qu’expliquait encore le tout nouveau chef de l’État à ses collaborateurs au sujet du mariage pour tous ? Les sujets de société divisent mais, une fois adoptés, ils rentrent dans la banalité. Le tout est de ne pas aller trop loin pour ne pas sauter avant.

Or il semble bien que l’assise présidentielle ne soit pas suffisamment solide pour se permettre de faire le dos rond. Les soutiens de la deuxième heure ont vite fait défaut et on s’en doutait. Jean-Luc Mélenchon ne précisait-il pas qu’il ne voterait pas pour Hollande mais contre Sarkozy ? Nous voyons bien aujourd’hui ce que cela signifie. Les Verts (qui représentent moins que les manifestants du 13 janvier) se neutralisent dans leur contradiction, les mains liées à un gouvernement qu’ils soutiennent du bout des lèvres. Quant aux socialistes eux-mêmes, Hollande n’a pas la main de fer de Mitterrand et face à l’incompétence du fils spirituel, les fils rebelles et les chiens fous ne tiennent plus en place. Ils tiennent d’autant moins qu’ils n’ont pas la culture du gouvernement et moins encore celle de la France qu’ils comprennent mal voire pas du tout.

Conscients de leur incompétence (peuvent-ils ne pas voir leurs échecs répétés ?) les élus, comme les ministres de la majorité sont sur les nerfs et ce mal-être conditionne leurs réactions. Ainsi, l’insulte est-elle devenue un mode ‘normal’ de gouvernement. Elle permet de traiter par le mépris ceux qui contestent l’évidente incompétence de l’équipe gouvernementale.

« L’insulte est devenue un mode ‘normal’ de gouvernement. Elle permet de traiter par le mépris ceux qui contestent l’évidente incompétence de l’équipe gouvernementale. »

Le mépris ! Voilà l’autre nom de la présidence normale ! Il conduit à l’aveuglement, car il n’écoute personne. Il se fonde sur l’orgueil autant que sur la honte de soi. D’une manière générale, l’agressivité témoigne d’un malaise et de la conscience que l’on a d’être dans l’erreur. Lorsqu’on est sûr de son bon droit, on peut être offusqué, mais on n’est pas haineux. Il est surprenant que les représentants d’un parti qui voudrait avoir le monopole du cœur, se comportent avec tant de hargne ! En fait, en quelque mois l’équipe Hollande a tout perdu. Le peu de crédibilité qu’elle avait dans certains milieux, l’apriori positif de générosité qu’on prêtait à la gauche, l’espérance de lendemains qui chantent, tout cela s’est effondré en révélant la véritable nature du projet socialiste : prendre le pouvoir.

Le mépris ! Voilà l’autre nom de la présidence normale...Prendre le pouvoir certes ! Ce peut être louable si c’est pour bien faire, si ce n’est pas une fin en soi qui s’autoalimente. Mais si l’on oublie qu’exercer un pouvoir est avant tout un service, si l’on ne considère pas le pouvoir comme une responsabilité pour le bien des autres, alors prendre le pouvoir devient une lutte haineuse et angoissée où tout est permis ! Voilà le fond du problème du gouvernement actuel. L’unité se fait dans le bien. Quand tout autour de nous n’est que division et haine, il devient alors urgent de remettre en question sa conception du bien et de l’unité. Or le programme socialiste confond le consensus avec l’unité. Une telle confusion entretient et accentue la crise existentielle et identitaire de la France. La population est écartelée entre une multitude de réalités contradictoires sans lien entre elles. Ce qui, au passage renforce le communautarisme tant décrié. En l’absence d’unité dans sa vision le quinquennat hollandais ne peut qu’être voué à l’échec simplement du point de vue politique. Au regard du bien des Français, l’absence de vision anthropologique juste ne peut que conduire au désastre humain. Mais faisons la part des choses ! Le programme de Nicolas Sarkozy, même s’il avait plus d’unité interne, manquait lui aussi d’une certaine vision anthropologique fondatrice de cette unité dans le bien. Mais reconnaissons qu’il avait la prudence de ne pas vouloir révolutionner les fondements de la nature humaine, même si par manque de vision, il pouvait la blesser par endroits.

Aujourd’hui les politiques, souvent hommes de terrain mais mal formés, se laissent influencer par des groupes de pressions aux intérêts variés (et souvent douteux). Ils en arrivent par un tour de passe-passe intellectuel à accepter une chose et son contraire au mépris du principe de réalité. Toute la campagne de François Hollande s’est construite sur ce tandem. Mais aujourd’hui cette aporie saute aux yeux de tout le monde. Et c’est bien ce que les centaines de milliers de Français sont venus dire au président Hollande. L’unité se fait dans le bien. Gauche, droite, pro-Hollande, anti-Hollande, catho et athées, musulmans et protestants, tous sont venus pour rappeler le bien qui se construit sur l’Homme véritable et par là ils ont aussi témoigné que l’unité se fait dans le bien. Un témoignage d’autant plus fort que cette unité dans le bien n’a engendré aucun mal (pas de dégradation pas de haine…).

En revanche, la division entre une classe dirigeante idéologisée (de droite comme de gauche) et entretenue par le pouvoir en place engendre cette crise existentielle qui déstabilise toute la société.

Que nos politiques redécouvrent le bien, celui qui effectivement épanouit l’Homme et ils seront réellement au service de leurs concitoyens. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils redonneront aux Français l’espérance, la joie et la paix. Tant qu’ils s’arcbouteront sur une idéologie destructrice et fallacieuse, ils se diviseront, ils nous diviseront et ils nous maintiendront dans la souffrance et l’angoisse de lendemains qui ne chantent plus.

*Cyril Brun dirige le comité scientifique de l’Institut éthique et politique Montalembert à Paris.

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Publié 22 février 2013 par jacqueslucienne dans == CONSO

  • CA POURRAIT CORRESPONDRE A UN CERTAIN FRANCOIS_
    il etait une fois un enorme monstre qui mangeait tous les habitants de la foret! Rien ne pouvait l'arreter.Mais un jour,il s'ecroula raide mort... a l'autopsie on constata qu'il avait un anus si minuscule qu'il ne pouvait pas evacuertout ce qu'il avait devore. MORALITE:quand t'es un petit trou du cul,evite d'avoir une grande gueule

  • MAZARIN

    A méditer, la citation de Colbert & Mazarin, qui n'a pas pris une seule ride !

    Colbert : Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. j’aimerais que Monsieur le Surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou…
    > > > > > > > > > > Mazarin: Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l'État…, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l'État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.
    > > > > > > > > > > Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l'argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
    > > > > > > > > > > Mazarin : On en crée d'autres.
    > > > > > > > > > > Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà.
    > > > > > > > > > > Mazarin : Oui, c’est impossible.
    > > > > > > > > > > Colbert : Alors, les riches ?
    > > > > > > > > > > Mazarin: Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres
    > > > > > > > > > > Colbert : Alors, comment fait-on ?
    > > > > > > > > > > Mazarin: Colbert, tu raisonnes comme un pot de chambre sous le derrière d'un malade ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutant d'être pauvres ! c'est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… c'est un réservoir inépuisable.
    > > > > > > > > > >
    > > > > > > > > > > Extrait du "Diable Rouge" !
    > > > > > > > > > > C'était il y a 4 siècles !